Urgence en mer : que faire et comment alerter ?

En cas de danger, appelez les secours sans attendre. Une situation incertaine peut évoluer plus vite que prévu, et l’alerte permet au CROSS d’évaluer les besoins et de coordonner les moyens appropriés. En mer, privilégiez la VHF sur le canal 16 ; depuis un téléphone, le 196 permet de joindre gratuitement les secours maritimes lorsque la couverture le permet. Ce guide aide à préparer les informations utiles et à comprendre les premiers gestes. Il ne constitue pas une procédure universelle de sauvetage : les instructions du CROSS et la sécurité immédiate des personnes priment sur la lecture d’un article ou la consultation d’une application.

Alerter le CROSS sans attendre

VHF canal 16 ou téléphone au 196

Le CROSS, Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, reçoit les alertes et coordonne les opérations de secours en mer. Une alerte précoce permet d’établir le contact, de préciser la position et de suivre l’évolution de la situation. Ne retardez pas l’appel pour essayer toutes les réparations possibles ou pour être certain que le problème est devenu dramatique. Décrivez les faits et laissez les opérateurs apprécier les moyens nécessaires avec vous.

La VHF sur le canal 16 permet au CROSS et aux navires à proximité d’entendre votre appel. Elle ne dépend pas du réseau mobile, même si sa portée reste liée à l’installation et aux conditions de communication. Si vous disposez d’un téléphone, composez le 196, numéro gratuit d’urgence maritime. La couverture mobile peut manquer en mer : le téléphone n’est donc pas un remplacement garanti de la VHF et doit rester utilisable, chargé et protégé.

Préparez les informations avant qu’elles deviennent difficiles à relever : nom du bateau, position, nature du problème et nombre de personnes à bord. Si possible, une personne communique pendant qu’une autre suit la situation et veille à la sécurité. Parlez clairement, écoutez les questions et confirmez les éléments demandés. Ne quittez pas la communication ou la veille radio sans consigne lorsque le CROSS organise une assistance ou vous demande des précisions.

MAYDAY, PAN PAN et SÉCURITÉ : choisir le bon appel

Détresse, urgence et information de sécurité

MAYDAY annonce une détresse : le navire ou une personne est menacé par un danger grave et imminent et a besoin d’une assistance immédiate. Il peut s’agir, selon les circonstances, d’un naufrage, d’un incendie incontrôlé ou d’une situation où des vies sont directement menacées. Le mot d’alerte ne dépend pas de l’origine mécanique ou médicale du problème, mais de sa gravité réelle et de l’urgence des secours nécessaires.

PAN PAN annonce une urgence concernant la sécurité d’un navire ou d’une personne, sans répondre à cette définition de détresse immédiate. Une panne sans danger imminent peut relever de l’urgence ; la même panne devant des rochers ou dans une mer qui pousse à la côte peut justifier une détresse. Décrivez toujours la situation concrète, car son évolution importe davantage qu’une étiquette choisie une fois pour toutes au début de l’incident.

SÉCURITÉ introduit un message important pour la sécurité de la navigation ou une information météorologique. Ce n’est pas l’appel à utiliser pour minimiser une urgence personnelle. Un danger flottant ou une anomalie de signalisation peut nécessiter une information aux autres usagers, selon les instructions du service compétent. Si vous hésitez en présence d’un danger, contactez les secours et expliquez les faits plutôt que de perdre du temps à chercher une qualification parfaite.

Le contenu d’un message de détresse

Dire qui vous êtes, où vous êtes et ce qui se passe

Pour un appel vocal de détresse, prononcez MAYDAY trois fois, puis « ici » et le nom du bateau trois fois. Donnez l’indicatif radio et le numéro MMSI s’ils sont disponibles. Dans le message qui suit, reprenez MAYDAY et l’identité du navire, puis votre position, la nature de la détresse, l’assistance demandée, le nombre de personnes et toute information utile. Parlez posément, en séparant les informations pour qu’elles puissent être notées.

La position peut être transmise en latitude et longitude avec les unités et l’orientation correctement lues. Indiquez l’heure associée si elle n’est pas actuelle, ou un repère identifiable si vous n’avez pas de position fiable. N’inventez pas de coordonnées pour remplir le message. Décrivez aussi le bateau, son état, les personnes blessées ou tombées à l’eau et les actions déjà engagées. Mentionnez la dérive ou l’évolution du danger si vous les observez.

Après l’appel, restez à l’écoute et répondez au CROSS. Si la VHF possède l’appel sélectif numérique, son utilisation doit suivre la procédure de détresse connue et la notice de l’appareil ; l’échange vocal reste important pour préciser la situation. Ne déclenchez pas un essai de détresse pour apprendre. En préparation, entraînez-vous à lire une position et à retrouver les informations du bateau sans émettre de faux message sur le réseau radio.

Homme à la mer : alerter et garder le contact visuel

Repérer, soutenir la flottabilité et préparer la récupération

Criez immédiatement « homme à la mer » pour alerter l’équipage. Désignez une personne qui montre continuellement la victime et garde le contact visuel. Lancez une bouée ou un dispositif flottant adapté à proximité de la personne, sans la blesser. Si le matériel le permet, marquez la position au moyen de la fonction homme à la mer, mais ne détournez pas tous les regards vers l’écran : la personne peut dériver et disparaître rapidement dans les vagues.

Alertez le CROSS sans attendre et donnez la position, les circonstances, l’état apparent de la personne et les moyens disponibles. La manœuvre de retour dépend du bateau, du vent, du courant et de l’équipage. Utilisez une méthode apprise et adaptée plutôt qu’une improvisation copiée sur un autre navire. Gardez les hélices à distance de la personne et préparez la récupération en tenant compte du risque de blessure et de la difficulté à remonter quelqu’un à bord.

Ne provoquez pas une seconde victime en vous jetant à l’eau sans évaluer les risques et les moyens de retour. Une personne affaiblie peut ne pas réussir à saisir une ligne ou à gravir une échelle. Continuez à la suivre visuellement et informez les secours de l’évolution. Une fois récupérée, suivez les consignes médicales et protégez-la du froid dans les limites de vos compétences. Une apparente amélioration ne justifie pas de rompre prématurément le contact avec les secours.

Voie d’eau ou panne moteur : évaluer le danger réel

Protéger l’équipage sans retarder l’alerte

Devant une entrée d’eau, alertez et faites porter les équipements de flottabilité. Si vous pouvez le faire sans vous exposer, repérez l’origine, utilisez les moyens d’assèchement disponibles et appliquez une action connue pour limiter la fuite. La fermeture d’une vanne identifiée peut être pertinente, mais ne manipulez pas au hasard un circuit essentiel. Informez le CROSS de l’évolution du niveau d’eau et de vos moyens ; ne supposez pas qu’une pompe suffit à stabiliser toute voie d’eau.

En cas de panne moteur, observez d’abord la position, la dérive, le trafic et les dangers proches. Une absence de propulsion n’a pas les mêmes conséquences dans une zone abritée ou devant une côte exposée. Prévenez les secours avant que la situation se dégrade. Un mouillage peut parfois limiter la dérive si le fond, la profondeur, les équipements et l’espace le permettent, mais ce n’est pas une solution universelle et il ne doit pas exposer l’équipage.

N’effectuez que les vérifications que vous connaissez et qui restent sûres. Une odeur de carburant, des fumées, un compartiment envahi ou un risque électrique imposent de ne pas insister. Préparez les personnes et les équipements utiles en suivant les instructions reçues. Un remorquage ne s’improvise pas avec une fixation quelconque ni une ligne dont les risques sont ignorés : les efforts peuvent blesser gravement et les consignes des intervenants doivent être respectées.

Le rôle de la SNSM et la préparation avant la sortie

Des secours coordonnés et des informations accessibles

La SNSM participe au sauvetage en mer avec ses équipages et ses moyens, notamment dans le cadre des opérations coordonnées par les CROSS. Selon la situation, d’autres moyens peuvent intervenir. Ce sont les secours qui organisent la réponse, pas le chef de bord qui choisit seul un intervenant depuis une application. Lors de l’approche d’un bateau de sauvetage, écoutez les consignes et préparez votre équipage sans engager une manœuvre incompatible avec leur intervention.

Avant chaque sortie, vérifiez l’accès à la VHF, au téléphone et aux équipements de sécurité. Expliquez aux passagers comment appeler et lire la position si vous ne pouvez plus le faire. Gardez l’identité du bateau et les informations utiles facilement disponibles. Les équipements doivent être adaptés à la zone et connus de l’équipage. Une formation pratique aux urgences permet de mieux comprendre les gestes qu’un texte ne peut pas rendre automatiques.

La carte « Urgences et numéros utiles » de l’accueil NavEasy présente cette fonction de l’application ; préparez vos repères avant d’en avoir besoin. En situation réelle, ne cherchez pas longuement un contenu si vous pouvez alerter immédiatement. Rappelez-vous la règle essentielle : en cas de danger, appelez les secours sans attendre. La clarté du message, la veille et le respect des instructions comptent davantage que la recherche d’une procédure parfaite sur un écran.

Ces repères ne remplacent ni les textes et documents nautiques officiels ni le jugement du chef de bord.

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